La télémédecine pourrait contribuer au développement économique et sanitaire de l’Afrique

DOC&YOU DANS LES MÉDIAS – PHARMACEUTIQUE MAGAZINE – Novembre 2018

La télémédecine se déploie de manière très inégale aux quatre coins du monde. Considérée comme l’un des principaux vecteurs de l’accès aux soins, la discipline pourrait également contribuer au développement économique et sanitaire de nombreux pays, en particulier sur le continent africain. Retour sur quelques initiatives marquantes ou en devenir.

 Il y a quelques semaines, la téléconsultation entrait officiellement en vigueur sur le territoire français. Depuis le 15 septembre dernier, tout médecin peut proposer à ses patients de réaliser une consultation à distance, pour toute situation médicale qu’il jugera adaptée. L’acte n’avait rien d’illégal, mais il est désormais coté, donc remboursé par l’assurance maladie, accélérant à la fois son recours et son déploiement… en attendant la généralisation de la
télé-expertise, prévue en février prochain.

Au jeu des comparaisons internationales, la France n’est pas forcément à son avantage. Dans les pays scandinaves, la télémédecine fait partie intégrante du paysage sanitaire, malgré quelques faiblesses notables (voir encadré). Au Québec, elle est également pratiquée en routine. Exemple parmi les exemples, le centre universitaire de santé McGill propose des services de télésanté qui lui permettent de cou- vrir plus de 60 % de la province. Une performance remar- quable, au regard des contraintes démo-géographiques locales (voir encadré).

L’Afrique, continent de tous les enjeux

Véritable moteur du changement, la télémédecine revêt un caractère stratégique aux yeux des décideurs politiques.

« Le numérique est considéré comme un levier de trans- formation de l’organisation sanitaire. C’est un moyen de lutter contre les déserts médicaux, mais aussi d’améliorer la qualité, la pertinence et l’efficience des soins. Au-delà des initiatives propres à chaque Etat, l’essor de la télémédecine passera par le renforcement de la télé-coopération médicale entre différentes nations », affirme Pierre Traineau, président du CATEL (Club des acteurs de la télésanté).

Tous les espoirs sont autorisés. Le progrès technologique abolit les frontières. Il diminue également les coûts des infrastructures, nettement plus accessibles aujourd’hui, y compris pour les pays en développement. Certains opérateurs français n’hésitent plus à bâtir des passerelles, notamment avec le continent africain. Les enjeux sont économiques et sanitaires. Ils sont surtout diplomatiques et humains. « Il est devenu facile de diagnostiquer, de soi- gner et de former des professionnels de santé à distance. Il faudra cependant mobiliser des compétences et des ressources humaines importantes pour améliorer la santé des populations, souligne Ghislaine Alajouanine, présidente du Haut Conseil français de la télésanté et présidente de l’ONG Télémédecine sans frontières. La capacité des ac- teurs à déployer rapidement des solutions numériques dans les territoires sera déterminante. La télésanté peut être un facteur de croissance pour de nombreux pays africains. Ce sera aussi un antidote aux flux migratoires. »

Des partenariats en devenir

Dans cet écosystème en devenir, les laboratoires pharmaceutiques auront probablement un rôle à jouer. « Ils pourront notamment favoriser l’identification et la mise en relation des télé-experts, grâce à leurs réseaux internationaux, ajoute Ghislaine Alajouanine. Ils pourront égale- ment former et informer les médecins, les pharmaciens et les établissements de santé quant à la bonne utilisation des médicaments et des dispositifs médicaux. Ils devront par ailleurs faciliter l’accès à leurs innovations, en acceptant de diminuer leurs prix. La perte de valeur sera compensée par la hausse des volumes. »

La télémédecine sera naturellement un premier pas vers d’autres développements, tout aussi porteurs, à commencer par le financement et la sécurisation de la chaîne de distribution des médicaments. La société française Doc&You envisage d’ailleurs de nouer des accords avec des industriels, dans le cadre d’un projet inédit, qui sera prochainement lancé en Côte d’Ivoire. Tout est parti d’une réalité socio-culturelle incontournable. « La moitié des dépenses de santé est financée par la diaspora. Notre plate-forme ResoDoc permet le paiement de la consul- tation et bientôt celui des traitements, en lien avec des médecins et des pharmaciens partenaires. Dès l’an pro- chain, ce circuit formalisé garantira la délivrance effec- tive du bon produit, au bon patient, au bon moment, réduisant ainsi les risques de fraudes et de contrefaçons », explique Christophe Jacquinet, son directeur général. En Afrique, près d’un médicament sur deux n’est pas acheté dans une officine…

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2018-11-27T17:00:06+00:00